Le Pensionnat Rayen est un RPG manga où tu incarnes un adolescent de quinze ans et plus ou un adulte du personnel, dans un pensionnat remplis d'élèves aux caractères bien divers. Entres originaux, musiciens, gothiques, sportifs, pom-pom girls, neutres, racailles, emos, artistes et punks, trouveras-tu ta place ?



 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  



Partagez | 
 

 « La colère est aveugle. » [Pv Eisik]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar

Invité
Invité


MessageSujet: « La colère est aveugle. » [Pv Eisik]   Jeu 24 Jan - 20:06

Je regardais au loin, la mer s’agitant sous le vent glacé de l’hiver. Les bourrasques n’étaient pas rares d’après ce que j’avais vu depuis mon arrivée. J’avais décidé de venir me promener dans Matsuyama, une vie qui m’était totalement inconnue et où mes nouveaux « parents » m’avaient lâché d’un air de dire : « Tu ne nous gênera pas, et puis on ne te verra pas assez souvent pour que tu nous pourrisses la vie. »
Mes nouveaux écouteurs dans les oreilles, car oui je leur avais fait dépensé une petite fortune en appareil électronique dernier cri et autres choses indispensables à ma survie, comme je l’avais bien prétendu : Un ordinateur portable, un mp3, un casque, des écouteurs, un nouveau portable, un appareil photo, mais je leur avais surtout cassé leur tirelire en fringues… Je n’en étais pas fière mais au moins j’avais pu les tester tranquillement, et visiblement, ils cédaient à tous mes caprices.
Maintenant, je me retrouvais à errer ici, dans cette petite ville, qui semblait gigantesque pour certains, mais ayant vécu plus de quatre ans à Tokyo, la démesure ne me faisait plus peur et je savais relativiser la moindre chose. Dans une capitale où tous le excès sont permis et illimités, j’avais goûté à tout, ne restant pas longtemps en enfance malgré le fait que mon grand-frère de cœur avait essayé de me protéger de toutes les démesures d’une ville aussi réputée que la capitale nippone. Mais, à partir d’aujourd’hui il faudra que je réapprenne à me battre toute seule, à ne plus être immuniser constamment contre tous les types d’agression, je me retrouvais de nouveau SEULE.

Fouillant dans mon vieux sac à dos en cuir, je remis enfin la main sur la photo qui m’était la plus chère : Ji Yong et moi le jour de mon quinzième anniversaire. Je regardais avec attention la photo, fixant les contours du visage de celui qui resterait à tout jamais dans mon cœur malgré le fait qu’il ne fasse plus parti du monde des vivants. Je passais mes doigts frêles sur la photo, retenant quelques larmes alors que je revoyais inlassablement les images de son meurtre. Je ne savais toujours pas qui avait fait le coup et pourquoi… Peut-être qu’un jour je l’apprendrais, mais temps qu’il m’était impossible de remettre les pieds à Tokyo, je ne pourrais pas découvrir l’auteur de toute cette manipulation qui avait conduit à la mort de l’être qui m’était le plus cher.
Je fis volte-face, tournant le dos à la mer tandis que je me mis en route pour visitée les nombreuses rues de cette cité qui était très réputée au Japon mais dont je ne découvrais les contours qu’aujourd’hui. Mettant un pas devant l’autre alors que mes converses résonnaient sur le sol humide comme un bruit de mort. Tous les passants me regardèrent avec des yeux exorbités comme s’ils voyaient le diable au fond de mes iris. Ne faisant pas l’effort d’attendrir mon regard, je restais avec une expression froide, aussi gelée qu’une tombe sous la neige. Ma peau si blanche luisait sous la lumière jaunâtre des lampadaires qui s’étaient allumés à cause du jour tombant. Mes écouteurs toujours dans les oreilles, j’écoutais en boucle une chanson que je connaissais depuis si longtemps… « Futur » d’Uppermost. Un mélange électronique qui me disait presque mon futur serait un massacre si je n’arrivais pas à me relever dignement de la mort de Ji Yong… Mais je ferais tout pour car il avait confiance et espoir en moi : deux choses que personne ne m’avait jamais accordé avant lui, en plus de l’amour.

Les rues de Matsuyama se coloraient de rouge à l’heure où les bouchons semblaient s’cumuler sur des kilomètres. Je me sentais dans mon élément dans ce genre d’atmosphère car personne ne voyait plus la couleur sanglante qui baignait dans mes yeux.
Mais je m’éloignais, prenant une petite rue sombre, m’enfonçant dans des lieux que je ne connaissais pas. Je voulais découvrir et je savais que si jamais je tombais sur des êtres malhonnêtes je pourrais facilement me défendre. Avec tous les cours e toutes les bastons que j’avais déclenchés ou bien subies, je n’étais plus à mon coup d’essai et la bagarre ne me faisait pas peur au contraire, j’adorais massacrer les gens qui se montaient sur mon chemin : voir la souffrance dans leurs yeux effarés était ma plus belle récompense, un peu comme cette expression de surprise quand il remarquait que je n’étais pas une simple adolescente frêle et fragile, mais bien une vraie diablesse des rixes violentes et même sanglantes.
Et évidemment, niveau bad boy, je fus servie. Tous plus moches et « effrayants » les uns que les autres. Néanmoins, aucun ne semblait motiver pour me faire la peau. Bizarre… Ils n’étaient pas aussi vaillants et surtout fous que les délinquants de Tokyo ceux-là. Je marchais donc lentement, avançant en plein milieu des rues pour être sûr d’avoir un minimum de lumière pour voir le danger si jamais ils y en avait qui se prenaient subitement à m’attaquer.
Et évidemment, je ne fus pas déçue. Au tournant d’une ruelle, je vis un homme, d’environ une vingtaine d’années. Avançant sans réelle crainte, celui-ci s’avança vers moi dangereusement avant d’essayer de m’arracher mon sac. Mon premier réflexe : lui décrocher une droite et un coup de genoux dans l’entrejambe. Résultat : victime vaincue par K.O, ou du moins, c’est ce qu’il était au début. Je m’étais remis en route quand, par derrière, il m’attrapa par les cheveux, me faisant tomber à terre avant qu’il ne me décolle un uppercut avec une violence que j’avais presque oubliée. Heureusement que je n’avais pas totalement perdu mes réflexes, c’est ainsi que je m’en sortis avec le coin droit des lèvres en sang et un bel hématome sur le ventre. Mais lui, je ne jurais pas qu’il s’en sortirait si bien. À terre, il ne bougeait plus quand je suis repartie. Après tout, il n’avait qu’à pas me chercher.

Je rentrais quelques heures plus tard au pensionnat, m’étant sérieusement égarée en chemin. Je remontais dans ma chambre, posant mes affaires sur mon lit, je pris un jean slim noir qui moulait mes jambes fines, un débardeur rouge sang, un sweat noir orné d’un flingue rouge stylisé comme les motifs maoris, avant de prendre mes rangers rouges sang et de filer prendre une bonne douche.
Alors que je m’étais glissé sous l’eau chaude, je regardais en soupirant la trace bleutée qui décorait de son aura morbide mon ventre plat et musclé. Mes longs cheveux noirs corbeau s’étaient collés à ma peau tandis que je restais là, ne pensant à rien alors que je voyais simplement les images de l’échauffourée de tout à l’heure. Comment j’avais pu merder au point de me faire empaler le ventre par un débile pareil ? Alors que j’analysais intérieurement ce qui n’allait pas dans mon combat, me mettant d’accord avec moi-même que la reprise de mon entrainement intensif de boxe et autres sports de combats était nécessaire si je voulais pouvoir me défendre correctement dans cette ville où il existait autant de sauvages que l’on voulait bien en voir.
Sortant de l’eau, je m’essuyais, me séchant les cheveux avant d’enfiler mes fringues. Je me dirigeais ensuite vers la cafétéria, prenant un gros plat de ramens et quelques raviolis aux légumes en entrée. Je m’asseyais à une table, toute seule puis relevant le regard vers l’horloge je la vis afficher 21h35. Et dire que j’aurai du aller en cours aujourd’hui… Tant pis, j’irai peut-être demain je n’étais pas à cela près après tout. Après avoir mangé mon plat, j’emportais une pomme, me rendant dans ma chambre pour prendre mon paquet de cigarettes, un bâton d’encens à la bergamote, mon mp3 et mes écouteurs. Je pris la direction du toit, un endroit interdit mais que tout le monde semblait bien aimé squatter. Il était presque 22h30. Je croisais les doigts pour qu’il n’y ait personne.
Et j’en fus récompensé, il n’y avait pas un chat ici. Je me grillais donc une cigarette avant d’enclencher mon mp3 qui se mit en route sur la musique « We’ll Be Comming Back » de Calvin Harris & Example, et d’allumer le bâton d’encens que je réussi à faire tenir debout en le calant dans un petit trou du joint du carrelage. Enlevant mon sweat malgré le froid de cette nuit d’hiver. Je me mis en place, calant mon mp3 dans la poche arrière de mon jean et commença à faire d’amples mouvements de Taï-Chi, le seul sport de détente et de contrôle de soi que je pratiquais. Et heureusement que je le pratiquais, sinon j’aurai été jugée comme une enfant violente et sans cœur. Mais ce sport me permettait d’apprendre à me contrôler et surtout à calmer mon impulsivité colérique qui était très exacerbée chez moi depuis longtemps.
Mais la musique ne me permit pas d’entendre la prote s’ouvrir derrière moi. Et je continuais donc mes mouvements brassant lentement le vent alors que je commençais à rependre le dessus sur mes sentiments.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité


MessageSujet: Re: « La colère est aveugle. » [Pv Eisik]   Sam 26 Jan - 19:03

La neige avait enfin cessé de tomber aujourd’hui. Je regardais par la fenêtre de l’hôpital d’un œil rêveur, perdu dans mes pensées tandis que j’observai la ville qui s’étendait quelques étages au-dessus, les voitures peinant à circuler sur certains axes qui n’avaient pas encore été déneigés. J’attendis à peine l’infirmière entrer dans la salle de soin dans laquelle j’étais depuis plus d’une demi-heure après avoir passé une batterie de tests, radios et j’en passe afin de vérifier que ma chute n’ait pas engendré d’autres problèmes. Touchant mon bras qui venait à peine de se faire plâtrer, elle me dit alors d’une voix douce :

« Bien, il a suffisamment durci. Cependant il vous faudra attendre… »

« 48h avant que le plâtre ne soit complètement sec. Je le sais. Si vous saviez combien j’ai pu en avoir, j’en ai amplement l’habitude. Et ça ne sera certainement pas mon dernier ! » La coupais-je, dans un sourire.

Celle-ci acquiesça d’un hochement de la tête et d’un sourire qui laissait cependant transparaître son malaise. Mais pourtant je vivais bien ma maladie. Enfin, du moins autant que l’on peut relativiser les choses. Disons plutôt que je l’avais accepté, sachant de toute manière que rien ne pourrait jamais me guérir. Alors les choses étaient ainsi, et me lamenter sur mon sort ne servirait strictement à rien. Il y a des épreuves dans la vie que nous devons vivre, et certaines contraintes inéluctables pour lesquelles nous savons que nous ne pourrons jamais rien changer. Alors au lieu de me morfondre, je préférais voir la vie du bon côté. Il n’y avait que cela à faire de toute façon ! Et puis par chance je n’avais que mon poignet et le cubitus de cassés, alors je m’en remettrai. Dire que j’étais arrivé hier soir, et déjà deux fractures du bras gauche… Mais je savais que mes retrouvailles avec mon frère ne seraient pas simples, même si je sais qu’au fond il n’a pas voulu me blesser. Ce coup était parti sous l’effet de la colère et de la surprise de me revoir, certes, mais au fond il ne me voulait pas de mal. Il souffrait, tout simplement, et même s’il prétendait ne pas m’aimer, j’avais vu à cet air coupable qui le rongeait avant que son masque de glace ne reprenne aussitôt le dessus pour ne rien laisser paraître.

« Vous pouvez y aller, Monsieur Seikan. Le VSL vous attend au parking des ambulances. Faites bien attention à vous. » Me dit-elle alors que je me redressais, la remerciant pour ses soins.

Enfilant tant bien que mal ma veste sur un seul bras en gardant près de moi le second soutenu par une écharpe qui passait derrière mon cou. Les clichés de mes radios sous le bras, je sortis de la salle et longeais les couloirs, ne cessant de penser à mon frère depuis ce matin. Je ne connaissais que trop bien les hôpitaux, et le voir ainsi se foutre en l’air constamment me rendait malade. Je ne voulais pas qu’il y croupisse à son tour, d’autant plus à cause de tous ces maux qu’il s’infligeait. Mais je le ferai changer un jour, je ne désespérais pas.
Sortant au dehors, je descendais les marches qui menaient au parking avec grande précaution, me maintenant à la rampe pour ne pas glisser bêtement à cause de toute cette neige qui tapissait le sol avec abondance. Rejoignant le véhicule qui m’attendait, je montai à l’intérieur avant qu’il ne me ramène à Rayen.

Rentrant enfin au pensionnat, je prenais garde à ne pas marcher sur des plaques de verglas, devant être plus que vigilent si je ne voulais pas revenir à l’hôpital cette fois les deux pieds en avant. Après tout, qui ne faisait jamais de chute en hiver lorsqu’il faisait un temps pareil ? Hors si la plupart se relevaient en riant et avec un mal au postérieur, pour ma part les dégâts ne seraient pas les mêmes. Alors autant j’adorais regarder la neige tomber et recouvrir un paysage qui changeait littéralement sous mes yeux émerveillés par cette nature, autant je la redoutais entièrement. Remontant les quelques marches qui menaient au hall d’entrée de l’imposant bâtiment principal, je traversais le lieu presque désert de part cette heure tardive, la plupart des élèves étant encore au self ou bien en train d’étudier ou de se reposer dans leur chambre à présent que la nuit était tombée. Prenant la direction de l’infirmerie, je frappais timidement à la porte avant que celle-ci ne m’accueille avec sa douceur habituelle. Lui remettant comme promis mes derniers clichés et le compte-rendu de mes résultats, elle lâcha un bref soupir avant de me regarder avec bienveillance :

« Faites attention à vous, Eisik. »

« Ne vous en faites pas. Et puis j’ai l’habitude. » Lui répondis-je dans un léger rire avant de la saluer et de sortir de la pièce.

Regardant l’heure qu’affichait ma montre, je me rendis compte qu’il était bien plus tard encore que je ne l’aurai cru. Lâchant un soupir, je regardais autour de moi d’un air pensif. Inutile de songer à trouver le sommeil, au vu de ces milliers de pensées qui tournaient inlassablement dans mon esprit. Ace occupé sans cesse mes pensées, alors que je me sentais totalement impuissant. Mais impuissant ne voulait pas dire pour autant résigné. Cependant je ne voulais pas le brusquer, car j’aurai beau faire tous les efforts du monde, s’il ne le désirait pas je ne pourrais rien pour lui.

Décidant de flâner dans les couloirs pour m’occuper quelques peu, j’explorai les recoins que je n’avais pas encore pu visiter. Et il y en avait encore un sacré paquet vu la taille du pensionnat. Montant les escaliers alors que je ne m’étais pas encore rendu au troisième ni au quatrième étage, je sortis de ma main valide mon lecteur mp3, glissé dans la poche de ma veste. Lançant la playlist en cours, j’écoutais sereinement les titres de Carnival of Rust par les Poets of the Fall, Nymphetamine de Cradle of Filth, et j’en passe. Oui, dur de croire que quelqu’un comme moi puisse écouter du métal, mais j’adorais véritablement cela. Peut-être était-ce la seule chose qui pouvait me lier à mon frère, encore que je ne sois même pas sûr de ses goûts. Vestimentairement parlant il avait l’allure à écouter ce type de chanson, mais l’habit ne fait pas toujours le moine, j’en étais la preuve incarnée. Arpentant les lieux en silence, mon regard glissait sur les moindres recoins des environs inanimés.

Puis décidant de monter au quatrième étage, une porte en métal au fin fond du couloir attira mon attention. Me dirigeant vers celle-ci, un grincement retentit à son ouverture, avant qu’un froid glacial ne s’engouffre. Les toits du pensionnat. D’ici, la vue devait être splendide, notamment à présent que la ville était éclairée. Me décidant alors de pénétrer sur les lieux, je refermais délicatement la porte derrière moi avant d’apercevoir qu’une jeune fille se tenait là. Ses gestes amples et délicats s’effectuaient en silence tandis qu’elle semblait faire une sorte de relaxation, un bâton d’encens devant elle délivrant une légère fumée à l’odeur apaisante. Avançant sans faire de bruit pour ne pas la déranger, je m’approchais du bord, mes yeux d’un bleu d’azur se perdant sur les lumières de la ville qui scintillaient au loin. Jetant un bref coup d’œil vers la jeune fille, je me rendis soudainement compte qu’elle s’était interrompue et me fixait.

« Oh, euh… excuse-moi, je ne voulais vraiment pas te déranger. Je peux m’en aller si jamais. » Lui dis-je, un sourire gêné, maladroit et timide mais néanmoins empreint de mon habituelle et sincère douceur sur les lèvres.

Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité


MessageSujet: Re: « La colère est aveugle. » [Pv Eisik]   Sam 9 Fév - 13:42

Il fallait croire que j’attirais les ennuis aussi loin que j’arrivais à vivre. Comment pouvais-je rester ainsi à continuer de me détruire avec une violence qui était censée me protéger alors que je savais bien qu’au fond de mon cœur s’était la guerre comme au premier jour de ma vie. Je marchais en titubant légèrement dans les rues malfamées et mal-éclairées de Matsuyama. Je ne connaissais rien à cette ville, ma vie recommençait ici après tous ces drames qui ne cessaient de s’enchainer. Mais au fond, je restais la petite fille fragile qui n’avait jamais pu grandir dans ce monde est aveugle que la Terre lui avait proposé sans ménagement, sans moyen d’échapper à cette terrible désillusion qu’était la vie en ce sein qui vous rejetait à longueur de temps.
J’avançais lentement, regardant d’un air perdu les lampadaires qui s’éteignaient et se rallumaient incessamment, comme pour montrer que la fatigue n’était pas qu’une création humaine. La colère qui m’avait envahi tout à l’heure alors que cet inconscient m’avait attaqué s’éteignait à mesure que je repensais à toutes ces étapes de ma vie que je ne pourrais jamais oublier. Pourtant, je ne savais que peu de choses de moi. Je savais d’où je venais, mais j’ignorais tout de moi-même. C’était comme si mon âme était un coffre fermé à double tour dont je n’avais jamais possédé la clef. C’était ma mère qui l’avait toujours eu mais je ne savais pas comment la retrouver, et j’en rêvais depuis longtemps. Depuis que j’avais lu cette lettre qu’elle m’avait écrite avant de m’abandonner pour me permettre d’avoir des jours meilleurs… Si seulement elle savait ce que j’avais enduré sans elle. J’aurai largement préférée rester dans une misère méritée aux côtés de celle qui m’avait mise au monde.
Mais ça, je me gardais bien de le dire et de le montrer. Le seul qui le savait était monté au ciel depuis quelques mois maintenant. Une éternité de mon point de vue, quelques simples secondes pour d’autres…

J’arrivais au pensionnat Rayen quelques heures plus tard, ayant erré dans un quartier qui m’était inconnu et dont les fréquentations n’étaient pas du genre… Très correctes. Posant mon sac sur mon lit, je pris un jean slim noir qui moulait mes jambes fines et galbées par le sport, un débardeur rouge sang, un sweat noir orné d’un flingue rouge stylisé comme les motifs maoris, avant de mettre dans mes bras mes rangers rouges sang pour me diriger vers les douches où j’allais me détendre, ou du moins essayer.
Arrivant dans une cabine, je me déshabillais avant d’allumer l’eau chaude et de me glisser en dessous de son flot puissant et rassurant. Mes cheveux qui commençaient à s’humidifier se collèrent à ma peau qui tentait de respirer sous cette pluie brulante que m’envoyait la pomme de douche. Je regardais la marque bleuté sur mon ventre, soupirant de m’être faite avoir comme une débutante. J’étais vraiment redevenue fiable à trop m’être faite protéger par celui qui était de venu mon grand-frère. Mais maintenant qu’il n’était plus là, je devais recommencer à me débrouiller toute seule, comme une grande, et surtout faire avec ce vide qui s’était creusé depuis des mois dans mon cœur qui avait pourtant toujours eu l’habitude de la solitude. Mais là, je me sentais vide, comme un coquillage abandonné sur la plage par la mer qui s’était retirée sans lui dire au revoir.
Je décidais ainsi de me remettre aux arts martiaux et la boxe pour retrouver de bons réflexes et surtout pour être certaine de ne pas me faire empaler un jour sans avoir pu rien faire. Il était hors de question que je me laisse détruire. Je LUI avais toujours promis que je resterais forte quoi qu’il arrive, que j’honorerais toutes ces valeurs pour lesquelles il se battait. Il avait certes fait des conneries, mais il avait toujours fait en sorte que je ne vois que la bonne personne qu’il était. Je devais rester la petite sœur qu’il avait toujours rêvé d’avoir : cette petite sœur fragile et solide qui savait pleurer tout en restant digne. Il m’avait appris à plier pour ne pas mourir de douleur sous les coups plus bas les uns que les autres de la vie.
Je sortais de la douche, me séchant les cheveux avant de m’habiller pour sortir dans le couloir, me dirigeant ensuite vers la cafétéria. J’avais faim, ce qui après tout était normal après toutes ces aventures et toutes ces réflexions. Peut-être que je réfléchissais trop mais après tout, il n’y a que les idiots qui foncent tête baissée. Prenant un bon plat de ramens et des raviolis aux légumes ainsi qu’une pomme pour le dessert, je m’asseyais seule à une table avant de regarder l’horloge. 21h35. Je me sentais tellement seule… C’est bizarre, mais dès que l’on a goûte à la compagnie et à toutes ces petites joies, quand il faut repartir en solitaire, tout nous semble plus improbable, plus lourd et l’on se demande comment l’on faisait autrefois. Je mangeais donc seule, avant de repartir dans ma chambre, ma pomme à la main. Je pris mes affaires pour aller faire mon Tai-Chi du soir pour passer mes nerfs et surtout pour continuer de canaliser toutes mes émotions comme j’apprenais à la faire même s’il était rare que j’arrive réellement à rester impassible devant la vie et ces épreuves.
Montant sur le toit qui était, normalement, interdit d’accès aux élèves avant de refermer la porte derrière moi. Je m’installais tranquillement avant d’allumer une cigarette puis allumant mon encens, je commençais mes mouvements sur la chanson de Calvin Harris & Example : « We’ll Be Comming Back ».
Commençant avec d’amples mouvements, je m’astreignais à cette danse combattive et relaxante qui me permettait de savoir prendre sur moi, pour pouvoir me vider la tête et le cœur. En débardeur malgré la fraicheur du soir, je ne sentais rien d’autres que les ondes de la musique et l’odeur de l’encens me pénétrer avec profondeur et surtout j’oubliais un peu ce que la vie allait surement me réserver pour le lendemain. Ainsi je n’entendis pas la prote s’ouvrir pour laisser entrer quelqu’un. Je continuais jusqu’à la fin de la chanson, sentant une présence, je me retournais alors que la chanson passait à « Stay » de Rihanna et Mikky Ekko. Un signe ? Peut-être.
Je fixais le garçon qui se tenait contre la rambarde avant que celui-ci ne remarque que je le regardais avec insistance. Celui-ci plongea alors son regard clair dans le mien, semblant à la fois gêné.

« Oh, euh… excuse-moi, je ne voulais vraiment pas te déranger. Je peux m’en aller si jamais. » me dit-il sans violence, sa voix ne résonnant qu’une douceur que je n’avais jamais entendue de la part d’une autre homme que Ji Yong.

Je restais quelques instants sous le choc, ne m’étant pas du tout attendue à cela. Je ne le connaissais pas et pourtant il m’inspirait confiance. Et dire que je ne faisais jamais confiance à personne, pourtant ce jeune homme semblait différent des autres, comme si lui aussi ne savait que trop bien que la vie pouvait être douloureuse. Un peu perdue, je lui répondis simplement :

« Non… C’est bon j’avais fini de toute façon… » mentis-je avant de remettre mon sweat.

Je mis mon paquet de cigarette dans ma poche, et jetais l’encens qui s’était consumé un peu plus loin. J’éteignis mon mp3 avant d’hésiter. Que pouvais-je bien faire ? Partir ou rester ? Telle était la question ?
Mais alors que j’étais bien plus tentée de partir, je sentais la solitude me rappeler qu’il était peut-être la seule chance de me faire des amis… Enfin si j’arrivais à ne pas être trop violente ou méchante.

« Moi c’est Mei et toi ? » lui demandais-je d’un ton mal-assurée, n’étant pas habituée à cela.
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: « La colère est aveugle. » [Pv Eisik]   

Revenir en haut Aller en bas
 

« La colère est aveugle. » [Pv Eisik]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» La colère est aveugle.
» Caniche F Toy âgée, sourde, aveugle va mourrir en fourrièr
» Caniche moyen et aveugle env. 8 ans ( frelinghien 59)
» La colère.
» MON AMOUR DE CANICHE DEVIENT AVEUGLE

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: LE PENSIONNAT - PARTIE A :: » Toits-