Le Pensionnat Rayen est un RPG manga où tu incarnes un adolescent de quinze ans et plus ou un adulte du personnel, dans un pensionnat remplis d'élèves aux caractères bien divers. Entres originaux, musiciens, gothiques, sportifs, pom-pom girls, neutres, racailles, emos, artistes et punks, trouveras-tu ta place ?



 
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 You try to break the mould before you get too old.

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Lewin Rainer


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MessageSujet: You try to break the mould before you get too old.   Sam 9 Mar - 13:37

T'en auras entendu des conneries. C'est pas comme si bouffer en classe était un crime. Et puis, tu l'as fait plusieurs fois, on t'a jamais rien dit. En tous cas, ça vaut pas tant. On t'a déjà puni, t'a executé, mais là, franchement, t'es pas d'accord. Surtout que t'as été discret. Pauvre Lewin, le monde entier doit être contre toi pour te détester et te punir autant. Nan j'déconne. T'as vraiment été con ce coup-là. Mais c'est pas comme si c'était rarissime, non plus.
Pff. T'façons, le prof, c'est parce qu'il était jaloux. Il avait qu'à en avoir une, de pomme. Il aurait sûrement gardé ses deux heures de colle pour la savourer.

Faut dire que M. Leprof était sacrément sur les nerfs, ce jour-là. Entre les nanas qui se repoudraient au fond de la salle, les boulettes de papier et de gomme qui volaient d'un bout de la classe à l'autre et les bavards incompris qui se passaient des mots sur des vieilles feuilles, y avait de quoi. C'était la fête dans la salle de classe. Il a qu'à avoir plus d'autorité aussi, n'est-ce pas Lewin ?
Alors ça c'est passé comme ça. M. X a décidé de passer dans les rangs et de distribuer son lot infini de papiers de retenue à qui le méritait. Et tu continues de penser que t'étais l'exception, puisque tu le méritais pas. T'as pas caché ta pomme quand il fallait, trop occupé à mordre dedans. Le méchant professeur t'a méchamment donné ton papier de retenue à la fin du cours, et cette fois-ci c'était du vrai parce que même le pion qui t'a croisé dans le couloir à l'intercours d'après t'a rappellé qu'il fallait que tu sois là samedi prochain. C'est que Leprof devait vraiment être énervé, ce jour là. D'habitude tu sais te faire invisible, mais là il s'est même rappelé de ton prénom et de ta tête. Pourtant, c'était pas si grave.

Deux heures. Pff. C'est la première pensée qui te parcourt l'esprit quand tu te lèves. Faut dire que ça t'en met gros sur le moral, et pour sûr, tu vas pas sortir de la chambre avec une auréole au dessus du crâne et de l'amour à distribuer. Tu serais plutôt du genre à avoir les oreilles qui fument. Pour le coup, t'aurais éventuellement besoin d'aller faire chier quelqu'un, histoire de détendre un peu tes nerfs en exerçant l'art dans lequel t'excèles le plus; mais dans les couloirs on trouve de tout et risquer de provoquer une baston un jour de mauvaise humeur, c'est pas ce qui te réussirait le mieux. Tu finira forcément le nez contre le mur.

Enfin bref. Tu devrais occuper ta tête à autre chose. A te dépecher pour avoir le temps de prendre ta douche matinale et d'enfiler des fringues pas trop froissées, par exemple. Alors, va pour une préparation accélérée. Au moins, tu sentira bon.
Ça se sent, que ton cerveau a pas l'habitude d'être actif le samedi matin. On dirait un p'tit vieux qui sait plus où il en est.

Une vingtaine de minutes plus tard, te voilà assis sur une chaise de la salle indiquée la veille, les coudes sur la table et les joues dans les paumes. T'as sorti des feuilles et un crayon pour gribouiller des inutilités, ne sachant pas le super boulot qui t'attend pendant ces deux heures. Tu t'y étais mis, au début, mais finalement t'avais pas tant d'inspiration que ça et finalement tu préfères rester affalé sur ta table, l'oreille tendue, guettant un éventuel arrivant qui pourrait égayer un peu l'ambiance morne et lassée de ce matin.

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Dernière édition par Lewin Rainer le Dim 24 Mar - 12:19, édité 1 fois
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Arthur Madeck


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MessageSujet: Re: You try to break the mould before you get too old.   Sam 9 Mar - 22:53

Et nous y revoilà. Encore un samedi merdique. Pour la sixième fois en trois semaines, je suis convoqué dans cette putain de salle de retenue. Déjà en temps normal, ça m’emmerde. Tu me diras, faudrait être sacrément con pour aimer rester enfermé dans cette salle aux relents de neurones grillés mais passons. Ce qui m’emmerde aujourd’hui, c’est qu’il fait beau. J’aurais préféré gâcher mon temps à glander sous un arbre plutôt qu’à glaner des infos sur une feuille d’examen. Je soupire et jette un dernier regard vers le jardin. La retenue commence dans cinq minutes, pas question de jouer au con en arrivant en retard. Ce serait un coup à se taper une nouvelle semaine de retenue.

Forcément comme un idiot, je passe devant la cafétéria et ne peux m’empêcher de m’arrêter. Bien sûr, je sais qu’il est interdit de manger en retenue. C’est d’ailleurs le principe de la chose : t’enfermer et t’obliger à faire ce que d’habitude tu ne ferais jamais. J’te jure, quelle connerie. Comme si nous enfermer comme des bestioles nous remettrait sur le droit chemin. Sérieux, ils croient réellement que, lorsqu’ils nous auront rendu notre liberté, on s’éclatera à la laisser filer ? Bien sûr que non. Comme des cons, on oubliera nos heures de retenue et on ne se retiendra pas d’en user et d’en abuser. Tu penses bien que nos devoirs, on les aura très vite oubliés. Mais ça, les vieux, ils sont trop cons pour s’en rendre compte. Ils ont oublié qu’ils ont été jeunes et qu’eux aussi préféraient faire les cons plutôt que de s’emmerder sur des problèmes de maths. Quelle connerie j’te jure. Agacé par ces réflexions inopinées, j’attrape deux pommes et les fourre rapidement dans les poches de ma veste. Avec toutes ces conneries, j’vais encore être à la bourre.

Je franchis à peine la porte de la salle de retenue que le surveillant se jette sur moi, le sourire mauvais aux lèvres. Comment le décrire celui-là. A faire peur sans faire exprès ? Oui, c’est exactement cela : le nez crochu reniflant presque la terre et de lourdes cernes verdâtres sur une peau blafarde, ce type est l’archétype du croque-mort. L’observant entrecroiser ses doigts nerveusement, je repense à mon prof de maths. Précisément celui qui m’a collé cette foutue retenue. Je vais pas te dire que je l’ai pas mérité : en plus d’être arrivé en retard, j’avais encore oublié de faire mes devoirs. Faut dire que les profs d’ici, ils sont pas familiers avec ce genre comportement. Alors forcément, dès qu’un putain de breton débarque avec sales habitudes, ça les fait complètement déconner.

« Madeck ! Savez-vous quelle heure il est ? »

J’hausse les épaules, certain de connaître déjà la réponse. Comme d’hab’, je dois être à la bourre. Il y a trois semaines, peut-être me serais-je éclaté à jouer avec ses nerfs. Aujourd’hui, pas question de jouer au con : c’est ma dernière retenue, pas question de tout gâcher avec des réflexions merdiques. Sans répondre, je m’avance docilement vers ma table puis remarque qu’un autre type est déjà installé à une table. Ou plutôt affalé. Au moins, je suis pas le seul idiot à être enfermé dans une salle de retenue, un samedi matin.

« MADECK ! Je vous parle.
- Hm ?
- Il est dix heures cinq Madeck, dix heures cinq ! Vous avez donc... Cinq minutes de retard, Madeck.
- Sans rire ? Votre esprit de déduction est vraiment impressionnant, M’sieur. »

Merde, j’ai encore fait le con. C’est plus fort que moi. Faut dire que cet abruti m’attaque devant un autre type. Alors préférant passer pour un con plutôt que pour une couille molle, j’attaque à mon tour. Quelle connerie, j’te jure.

« Bravo Madeck, vous gagnez une nouvelle semaine de retenue.
- Quelle chance, je redoutais justement de m'ennuyer de vous. »

Le sourire narquois aux lèvres, je m’assieds à ma table et sors feuille de papier et stylo. Comme pour faire taire ma frustration, je tente alors un regard vers le mec qui partage le même enfer. Cheveux bruns en bordel et allure banale, il n’a pas franchement l’air d’être de ceux qui cognent sans réfléchir. Encore que... S’il est là, c’est certainement parce qu’il n’a pas été très clean non plus. Loin de calmer mon ressentiment, je détourne mon regard vers le surveillant. Trop affairé à faire frotter son nez sur ses copies, il n’a pas l’air de se soucier de nous. Ca m’énerve encore plus. S’il croit que je vais rester là, sans bouger, à accepter sa putain d’indifférence, il se fout le doigt dans l’œil.

D’un geste rapide, je déchire un petit bout de papier et griffonne dessus :

Yosh. Pourquoi t’es là ? Ca te dirait de sortir plus tôt que prévu ?

Je roule en boule le morceau de papier, m’apprête à tirer puis me ravise. J’ouvre mon mot et barre la dernière phrase qui est trop « Eh Mam’zelle, t’as pas un 06 » à mon goût. Je re-froisse le morceau, lève le bras, puis le rabaisse. En proie en doute, je relis mon message. Eh oui, c’est bien ce que je pensais. Comme un con, j’ai écrit en français. Intelligent, surtout quand on est au Japon. Quel con, j’te jure. D'un geste agacé, je barre toute ma prose et réécris en japonais :

Ca te dirait de sortir de là ?

Trente secondes plus tard, je lançai le morceau de papier sur l’endormi. J’ai visé le bureau, j’ai eu la tête. Misère.
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Lewin Rainer


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MessageSujet: Re: You try to break the mould before you get too old.   Dim 10 Mar - 14:00

T'en étais encore à guetter l'ouverture de la porte, tes yeux fatigués, mi-clos, collés sur la poignée quand enfin elle s'est ouverte, laissant entrer un gars, brun, d'à peu près ton âge, que t'as pas vraiment pris le temps d'observer. Enfin, ouais. Ça te met sur les nerfs qu'il se passe rien au commencement de la journée. T'as besoin de quelque chose pour te réveiller, et un simple bonjour au surveillant qui va te les briser pendant deux heures, ça te suffit franchement pas. C'est pas comme si c'était une journée de cours banale à laquelle tu serais habitué. Mais enfin, la journée commence. Si on peut dire ça comme ça. Parce que t'aurais bien préféré trainer dehors, encore plus vu le temps agréable que tu sens déjà à travers les vitres. Elle aurait commencé plus facilement, la journée.

Mais soyons positifs. L'arrivée de ton camarade t'a permi de te sortir un peu de tes rêveries éveillées, et ça a pas été plus mal. C'est sûr que ce sera plus utile pour la suite. Ouais, parce que vraiment, t'as aucune envie de revenir ici pendant deux heures ou plus. Et toi, t'as une chance : c'est que ce genre de chose débile t'arrive pas si souvent. Tu fais pas partie de ces crétins qui se font facilement remarquer avec une connerie de l'ordre du ridicule. On te connait pas plus que ça et quand bien même on aurait réussi à t'approcher pour faire ta connaissance, on s'en serait sûrement pas souvenu. Alors tant mieux pour toi, t'as surtout pas à te plaindre.

A partir du moment où le brun est arrivé, tu t'es mis à gribouiller des trucs sur ta feuille blanche sans vraiment faire attention au reste. T'avais plus besoin de dormir éveillé en attendant que la poignée s'agite enfin. Mais le petit rapport de force qui a doucement éclaté entre l'élève et le surveillant a fait stopper les rondes de ton crayon et tu t'es mis à ricaner. Regardez-les. Mais c'est qu'il se défend pas mal, ce gars. Il est marrant à écouter et sa répartie est plutôt comique. Toi ça t'amuse. De toutes façons, Lewin, un rien t'amuse, alors on va pas en chier une pendule.

« Il est dix heures cinq Madeck, dix heures cinq ! Vous avez donc... Cinq minutes de retard, Madeck. »


Ah ouais ? Dix heures cinq seulement ? Mais bordel, c'que ça passe lentement. Ça fait seulement cinq minutes que t'es entré ici, et toi t'as l'impression d'avoir somnollé à espérer voir quelqu'un arriver pendant vingt minutes. Enfin bon, je vais vous épagner les états d'âme de Lewin par rapport à tout ça, j'pense qu'ils sont assez clairs pour vous. Il est pas content, quoi. 'faut le comprendre.

Profitant que le brun ait son l'attention sur le surveillant, tu relèves les yeux pour jeter un coup d'œil à la façon dont il présente. Boarf, il est pas plus original que toi mais pas désagréable non plus. Tu bloques quelques secondes sur lui, histoire d'avoir le temps de l'observer de bas en haut, en souriant doucement à leur conversation. D'ailleurs, tu te dis que t'as bien eu de la chance de pas rester cinq minutes de plus affalé sur ton matelas, parce que ça t'aurait sûrement valu la même peine qu'au pauvre gaillard que t'as en face de toi.

Maintenant qu'il a rejoint sa place quelques pas derrière la tienne, tu peux en déduire que le ''cours'' à commencé. Alors avant d'entendre la voix abîmée du gueulard qui pourrait relever la tête d'une seconde à l'autre, tu sors des feuilles à carreaux et un vrai stylo. Ça fait sérieux. Mais franchement, t'as juste envie de calme. Alors autant y aller sur le bon chemin. Tu vérifies, mais le vieux a pas vraiment l'air de relever qu'il a deux élèves à surveiller pendant deux heures, les yeux et le nez trainant sur son paquet de copies. Tant pis - ou tant mieux - ça te permet de te remettre à tes gribouillages.
Mais encore une fois, on vient te réveiller. C'est quoi cette fois ? Une mouche ? Un fantôme ? Un OVNI ? T'optes pour la dernière option parce qu'il y a bien quelque chose qui vient d'attérir par terre. Avant même que M. Nécrochu tende l'oreille, tu ramasses le brouillon et le déplies tout contre ton bureau. Ça peut venir que d'une personne.
Voyons voir. Ces caractères sont définitivement illisibles et t'accordes quelques longues secondes à ta matière grise pas bien réveillée pour déchiffrer tout ça. Y avait un amas de lettres que tu connais juste au dessus, mais on l'a gribouillé. Tu connais les lettres, mais pas les mots. Enfin, de toutes façons, t'as déchiffré la phrase en japonais, t'aurais même droit à un sussucre, p'tit Lewin. Veillant à ne pas te retourner, tu réfléchis à la réponse que tu pourrais bien donner. C'est bien mignon de vouloir se barrer, en fait tu le conçois totatement; mais faudrait savoir comment.
Avant toute réponse, tu vérifies que le pion soit toujours plongé dans ses copies. Et tu caches le petit mot, en boule dans ta trousse. Au moment où tu poses tes mirette sur ses rides, il se lève avec un minuscule paquet de feuilles dans les mains, s'avançant vers ses deux seuls élèves. C'est là que tu te rends compte que vous devez vraiment être considérés comme des putain de cancres, vu la moue mauvaise et les yeux fatigués de l'adulte. Tu l'aura mérité, on te dira. M'enfin bon. Ça t'en fout une grosse à l'ego.
Il vous donne trois feuilles chacun, encore heureux qu'elles soient pas recto-verso. Tu les lis vite fais. Go pour les exercices de japonais, les application de formules, les cartes à colorier... Enfin bref. La totale. Ils ont bien dû s'amuser à ricaner devant leurs écrans en nous faisant ces putain de sujets.

« Donc vous avez deux heures, quoiqu'un peu moins. J'ignorerai toutes vos questions. Moi, j'ai des sujets à corriger. »


Il nous a pas encore sorti le fameux « Et ça compte dans la moyenne. », c'est déjà ça. De toutes façons, il est déjà replongé dans ses copies. Il a bien la gueule d'un prof de japonais abîmé par le métier. Tu m'étonnes qu'il veuille pas de questions. On lui donnera le sujet, voir s'il peut s'abstenir d'en poser, des questions. Saloperie. Voir ces trois papiers, ça te déprime, à un point. Et dire que si t'avais caché ta pomme... Boarf, c'est trop tard. Tu t'affaires donc à sortir le petit brouillon en boule de ta trousse, et d'y écrire une réponse.

Ca te dirait de sortir de là ?
Evidemment, mais avec le ridé en face, ça parait plutôt impossible. C'est à peine s'il nous laisserait aller pisser. On peut griffonner nos sujets vite fait. Moi j'ai des papiers à rendre à l'administration, ça peut le faire.


Ah, Lewin et ses grandes idées. Ca pourrait faire, éventuellement, ce genre solution pêchée directement de l'esprit de notre cher brun ébouriffé. A voir. Et je vous jure. Il a vraiment des papiers à rendre. Pour une fois que c'est pas des conneries.

Alors voilà, il est temps d'admirer Lewin. Dans toute ta grâce - bien que discrètement - tu t'étires pour atteindre la table de Madeck à bout de bras, et y laisser tomber le morceau de papier plié en quatre. Et tu te mets aux questions les plus faciles de ton sujet, histoire de pas trop éveiller l'attention du surveillant au nez crochu.


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Dernière édition par Lewin Rainer le Lun 11 Mar - 19:27, édité 1 fois
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Arthur Madeck


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MessageSujet: Re: You try to break the mould before you get too old.   Dim 10 Mar - 22:55

Le sentiment du devoir accompli, je m’affale sur le dossier de ma chaise, les doigts croisés derrière la tête. Autant prendre ses aises tout de suite, la matinée promet d’être longue. Enfin, façon de parler. Disons qu’elle sera longue jusqu’à ce que je trouve une idée géniale pour me sortir de là. Le problème c’est qu’ avant qu’une pensée originale arrive, j’ai bien peur que la retenue ne soit déjà terminée. Car qu’on se le dise : je suis ni un génie, ni un as des sorties en catimini. Moi mon truc, c’est me foutre dans la merde. Alors pense bien que réfléchir sur un plan censé me sortir d’un quelconque merdier, c’est complètement irréaliste. Pour te donner une image, ce serait comme donner les commandes d’une opération militaire à Zlatan Ibrahimovic. Imagine le bordel. Bon bien sûr, tu te doutes bien que je ne peux pas aussi crétin que lui. C’était juste une image. Une image comme ça, méchante, gratuite et inutile. Faut dire qu’il est bien plus aisé de rabaisser les autres que de trouver une solution intelligente à un problème foutrement con. Je soupire profondément. Si j’avais été seul, j’aurais pu tenter un « J’en ai marre, j’me casse. Envoie la facture à ma mère », mais je veux pas passer pour un « fils à môman » devant cet inconnu. Et encore moins être redevable à ma mère. Et puis de toutes façons, on est deux dans cette saloperie de salle. Le problème ne se pose donc pas.

Englué dans mes réflexions à la con, je remarque à peine le croque-mort jeter trois misérables feuilles sur mon bureau. Ce n’est que lorsqu’il balance son baratin habituel que je m’intéresse enfin aux trois inconnues échouées sur ma table. Plus curieux qu’intéressé, j’attrape la première et lis l’énoncé : « On désigne par ƒ la fonction définie sur l’intervalle [1, + ∞ [ par : ƒ(x) = 1 / (x+1) + 1n (x (x+1)). Déterminer la limite de la fonction ƒ en + ∞. ».
Je sais pas comment te décrire ce que je ressens. J’vais te donner une image, histoire que tu saisisses bien. Imagine un désert, imagine le cerveau d’Ibrahimovic. Vois le seul neurone qu’il lui reste. Imagine-le, entend-le se cogner contre les parois de son crâne pour essayer de se suicider. Voilà exactement ce qu’il se passe sous ma boîte crânienne en ce moment. Hugo parlait d’une tempête. Moi je parle d’un suicide planifié. Ce foutu ƒ , j’en ai jamais entendu parler. Dépité, je jette un coup d’œil sur les autres questions : « Sur cette carte vierge, expliquez l’énoncé suivant : L’Amérique : affirmation du Sud et puissance du Nord ». D’un geste las, je rejette devant moi les feuilles d’énoncé. Une fois encore, j’ai bien peur de devoir rendre copie blanche au surveillant. Qu’on se le dise : ce n’est pas parce que j’aime particulièrement foutre en rogne le croque-mort que j’en glande pas une. J’aime perdre du temps mais pas aux dépends des autres. Je suis peut-être con mais pas égoïste. Non si je glande royalement, c’est parce que les profs s’évertuent à me proposer des exercices emmerdants. Alors, quitte à faire des exercices qui m’emmerdent, je préfère m’emmerder tout seul, en foutant rien. Vise la logique merdique.

L’esprit ailleurs, je tripote mollement ma feuille d’énoncés. Je songe à ce fameux ƒ que l’on souhaite ardemment que je retrouve, et puis à cette chère Amérique, au visage si morcelé. Bref, je déconne totalement. C’est le mec devant qui me tire de mes rêveries, lorsque d’un geste « discret », il fait tomber un petit morceau de papier sur ma table. Evitant tout geste brutal, j’attrape la petite boulette, la déplie et la lis.
Finir les sujets au plus vite ? C’est pas que je veux pas hein, c’est que je peux pas. Et puis, ça m’intéresse pas de végéter pendant deux heures devant une feuille crottée de noir. Avec un soupir, je m’affale sur le dossier de ma chaise, non sans manquer d’éveiller l’attention du surveillant. Plus con que réfléchi, je lève le pouce, comme pour le rassurer de ma maîtrise de la situation. Les naseaux en alerte, il fronce finalement les sourcils puis retourne s’essuyer le nez sur ses copies. C’était moins une : il se levait, il voyait le mot du mec devant bien en évidence. Décidant d’être plus prudent, je glisse le mot sous le premier énoncé et réfléchis à la prose du type. Tout en cogitant, j’attrape une de mes pommes et la frotte contre ma chemise. Comme ça, histoire de la nettoyer et de faire quelque chose. D’un coup, la pomme m’échappe des mains et tombe. Je sais pas par quel foutu hasard c’est arrivé mais, comme Newton, une idée m’est soudainement tombé dessus en voyant cette pomme se casser la gueule.

Tout excité, je me penche sur ma feuille et rassemble mes idées. Faut pas que je fasse le con, je l’ai fait suffisamment pour aujourd’hui. Délicatement, je détache un bout de page de mon énoncé et écris au verso :

Pas question de rester là à remplir ce formulaire à la con alors qu’il fait beau dehors.
Bon, est-ce que tu connais bien le surveillant ? Si non, écoute bien. L’idée c’est que tu simules une crise. Epilepsie, agoraphobie, autisme, fais-le comme tu le sens, du moment que ce soit convaincant. Le surveillant me connaît trop pour que je puisse jouer ce rôle : il sait qu’à part crever d’ennui, je risque rien. Bref, une fois que tu simuleras ça, il va flipper et déverrouiller la porte derrière pour te laisser sortir. A ce moment-là, on pourra se barrer. T’es partant ?


Je me relis, histoire d’être sûr que je suis clair, puis roule en boule le papier. Je balance ensuite le message en faisant mine de réajuster mes manches de chemise, puis me redresse sur mon bureau. Pourvu que le type accepte. C’est vrai que mon plan comporte quelques failles, comme le risque de se taper une semaine de plus en retenue mais bon, un mauvais coup bien monté (ndlr : enfin, si j’ose dire) vaut bien toutes les retenues du monde. Surtout lorsque ce mauvais coup te permet de profiter du soleil de mars. Sans vraiment m’en rendre compte, je laisse glisser un sourire doucereux sur mon visage, fantasmant sur une liberté bientôt retrouvée.

« Madeck ! C’est quoi ça ? »

Je sursaute, complètement déstabilisé par l’intrusion soudaine d’un nez crochu dans mon champ de vision. Sans aucune subtilité, il se glisse derrière moi et me force à baisser la tête. Me dis pas que... Cet enfoiré m’a vu lancer le bout de papier ?

« Madeck, je le répète une dernière fois : qu’est-ce que c’est ? »

A contrecœur, j’abaisse le regard vers le sol et aperçois l’objet qui fait complètement déconner le pauvre croque-mort. Foutre ciel. Ce n’est que ma pomme. Cette même pomme que j’ai laissé tomber par terre comme un con, alors que j’avais mis trois plombes à la nettoyer. Quel con, j’te jure. Je jette un regard vers le mec devant. C’est le moment où jamais de partir une crise d’angoisse, ou une connerie du genre.
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MessageSujet: Re: You try to break the mould before you get too old.   Mar 12 Mar - 2:40

Non, franchement, est-ce qu'il faut vraiment trouver une réponse à tout ? Tout ça ? T'es pourtant sûr que non. Déjà, t'es au Japon toi, pas en Amérique alors tu t'en tamponnes des puissances d'un pays à 3697493246994285 km du tien. Ensuite, tu risques sûrement pas de faire des études aussi scientifiques que le niveau qu'on te demande d'avoir. On devrait pouvoir choisir. C'pas juste. Et pour finir, t'as franchement aucun besoin d'être au courant de la composition de ton corps et de ses recoins les plus fastidieux. Et puis, de toutes façons, on oublie. Ouais, on oublie vachement vite. Il te faudrait un sacré coup de pied au cul pour te faire remonter toutes tes vieilles connaissances au cerveau. Un par jour. Et encore un autre pour faire marcher ta cervelle déjà enfumée. On vous la fait rouiller trop vite avec toutes ces formules à la con.

Est-ce qu'ils pensaient vraiment qu'ils allaient faire travailler des gamins en quête de liberté un samedi matin ? Les pauvres. La naïveté les tuera, tous ces anciens.
C'est grisant, tout ça. Eux, la presque-liberté qui se cache juste derrière la vitre et cette putain de salle qui pue le neurone grillé. Depuis la sonnerie de ton réveil, tout est salement grisant t'façons. Et toi tu trouves que c'est dommage pour ne pas dire salaud de laisser griser une journée pleine de soleil comme celle d'aujourd'hui. Alors tu râles, tout seul, comme tu sais si bien le faire. Ça empeste la déprime ici.

Et puis tu sursautes. T'étais perdu dans les profondeurs de tes réflexions hautement philosophiques, mais il a fallu qu'un OVNI - apparemment - vienne t'en sortir. Le deuxième de la journée, quand même. Après avoir jeté un œil méfiant à l'activité toujours aussi inexistante du vieux râleur, tu te retournes et fixes tes yeux de merlan frit sur un truc tout vert par terre. Bon, ok, c'est pas un OVNI. C'est qu'une pomme. Mais qu'est-ce que qu'elle fout là ? Elle est sûrement pas tombée du plafond alors tu glisses tes yeux jusqu'au visage de l'indiscret qui t'a foutu la trouille de ta vie, et lui lances un regard plein d'empathie. Oui oui, sérieusement. Tu sais faire. Faut dire que vous êtes coincés dans la même bouse, alors y a de quoi compatir.
Et tu te retournes, le nez sur tes sujets. T'en as pas foutu une rame. Mais bon, tu risques de vite t'en sortir si tout va bien. D'après ce que t'as pu voir, le brun de derrière mettait déjà une idée sur papier quand tu t'es retourné. Elle doit être coolos parce que le coup de la pomme a pas eu l'air de le gêner plus que ça, sur le coup. D'ailleurs, Nécrochu a pas relevé non plus. Mais tu crains le pire : il attend sûrement de coller le dernier 0 sur cette copie avant de se lever en furie et de faire dérailler sa voix abîmée, comme tous les jours.

Eh, retournons à nos moutons. Tu revâsses assez bien comme ça, à critiquer ton entourage, critiquer les habitudes, critiquer le monde, tout ça dans ta tête. C'est marrant, ce qui se passe dans ta tête mais pour le moment, y a plus important. La petite boulette qui vient d'attérir juste sur ta copie, par exemple. Comme un réflexe, tu la caches dans ta trousse, histoire de pouvoir lire le mot qu'elle renferme en tout discrétion, tout en imitant que tes mirettes soient rivées sur les trois feuilles. 2 en 1. La classe.

Ta mission a l'air longue. Gribouillant quelques petites illustrations à droite et à gauche sur ta copie, t'entreprends de lire les indications. Faut avouer que c'est un brin excitant de pas s'avoir à quoi s'attendre, si j'ose dire. Ça fait bien longtemps que t'as pas élaboré de gamineries tordues avec un camarade d'idées bien montées.

Pas question de rester là à remplir ce formulaire à la con alors qu’il fait beau dehors.
Bon, est-ce que tu connais bien le surveillant ? Si non, écoute bien. L’idée c’est que tu simules une crise. Epilepsie, agoraphobie, autisme, fais-le comme tu le sens, du moment que ce soit convaincant. Le surveillant me connaît trop pour que je puisse jouer ce rôle : il sait qu’à part crever d’ennui, je risque rien. Bref, une fois que tu simuleras ça, il va flipper et déverrouiller la porte derrière pour te laisser sortir. A ce moment-là, on pourra se barrer. T’es partant ?

... Wow. Tu sais plus quoi penser. Est-ce qu'il se paie ta tronche ? Il essaie de te faire faire la danse de Saint-Guy au milieu de la salle ou est-ce que c'est vraiment son plan ? Bon, ok, ça parait plausible vu la sécurité des heures de colle et la relation qu'ont l'air d'avoir le ridé et le jeunot. Mais même. Même. T'as pas tant confiance. Plutôt un peu peur d'y croire et d'te faire ridiculiser comme ça. Mais d'un autre côté, y a pas de quoi. Ça serait pas marrant pour lui de rire tout seul devant un débile qui gigote autour d'une table.
C'est vrai que l'idée de finir les trois fiches en peu de temps était un peu trop vite pensée. Quand t'as écrit le mot, t'avais pas encore posé les yeux sur les sujets.
Du coup, tu réfléchis à ta part du plan, parce qu'au fond t'as pas perdu goût à ces gamineries et ça t'amuse de jouer le jeu. Quitte à passer pour un crétin +++. T'en as pas grand chose à cirer, finalement. Et tes relations avec le surveillant vont pas plus loin que le regard qu'il t'a lancé quand il t'a vu dans le couloir la dernière fois pour te rappeler qu'aujourd'hui t'allais en chier, alors pas de risques.

Observant la salle et ses alentours, tu te demandes bien de quelle crise tu pourrais être victime. Une claustrophobie aigüe ? Ou une allergie aux vieilleries, peut-être... Ça y est, tu pars dans tes conneries. T'as l'imagination débordante, mais seulement d'imbécilités. Les bonnes idées, elles, sont enfouies bien profond et ne risquent pas de sortir le bout de leur nez au moment où il faudrait. Tant pis hein. Tu te mets à t'agiter un peu sur ta chaise histoire de te mettre dans le bain et de faire comme si quelque chose te dérangeait. T'inventera bien au fur et à mesure.

« Madeck ! C'est quoi ça ? »

Quoi que de quoi ?
C'est la ride qui débarque. Bien pensé, Lewin. Pour une fois. Maintenant, t'as plus le temps de cogiter. Pense à la peau de ce Madeck et fais-nous une belle crise. Tu prends une grande inspiration, tends un regard plissé vers la morue trainante et déglutis un coup. Tu dois bien te rappeler d'un belle crise quelconque, c'est arrivé à tout le monde. Tu fourres discrètement tes affaires dans ton sac et le refermes alors que l'autre crétin gueule sur ton compagnon de fuite. Allez. Au feeling.

Pas besoin de grand chose, juste de l'inquéter comme il faut. Ça devrait pas rater, de toutes façons il a pas le choix, il va pas attendre que je crève sur le sol pour me laisser sortir.
T'écartes ta chaise de la table, bien que toujours assis dessus. T'accélères ta respiration en crescendo. Et les battements de ton cœur suivent. Tu tousses un coup. Va pour un faux étouffement. T'accélères encore, t'amusant à feindre une difficulté à faire venir l'air. T'imagines pas la réaction de l'autre derrière. Tss, regarde-moi ce qu'on te fait faire, pauvre Lewin. Bref, tu continues de t'agiter sur ta chaise, mettant en œuvre ce que tu sais à peu près faire. Allez quoi, Lewin, quel genre de crise tu connais ?

« M'sieur... S'vous-plaît. J'ai besoin d'un truc. »

Il fallait bien ça le temps d'inventer la suite. Un truc, un truc... Il va me demander quoi. T'façons il a pas le droit me donner des médocs. Encore moins de me foutre dans les vappes avec des anxios. Mais il pourrait au moins m'emmener à l'infirmerie quoi, merde. Le pion se retourne, intrigué, avec ses vieux yeux qui semblent être prêt à décoller de leurs orbites. Bouge ton cul, quoi.
Donc tu continues. Tu fais l'essoufflé. Des halètements entrecoupés de déglutitions à répétition si j'ose dire, ça marche bien. Tu te mords les ongles et finis par te lever de ta chaise en t'appuyant sur ton bureau, tripotant nerveusement le bas de ton teeshirt. Tout ça sans arrêter ton délire. Qu'on se le dise, ça t'amuse et finalement, avec tes conneries qui débordent, t'es plutôt pas mauvais acteur. Tu lèves la tête vers le pion qui semble avoir abandonné Madeck pour courir vers son bureau, à sa vitesse. Pendant qu'il est de dos, tu prend ton sac sur une épaule et commences à t'avancer vers la sortie, la porte magique, enfin. L'autre brun doit se tordre de rire, là-bas derrière. Tu te retournes pour lui faire discrètement signe de te suivre.

« S'vous plait ! C'est sérieux. Au moins... un coup d'eau du robinet. Pour me rafraîchir. Mais là, vite. »

Presque chaque mot interrompu par une reprise de respiration soudaine, comme s'il fallait pas que tu perdes ton temps à parler. Encore une inspiration. T'as vraiment l'impression de partir en crise. Autant en profiter. Tu termines ton trajet jusqu'à la sortie illuminée, t'aidant du mur comme si t'allais glisser sur le sol à chaque pas.
« C'est pas des conneries, quoi ! S'il-vous-plaît. Si j'ai pas mes médocs laissez-moi au moins- »

Il a enfin ouvert la porte. A toutes tes phrases, il avait grogné des « oui, oui... » à peine audibles. Tu files dans le couloir, plié en deux, le sac sur le dos, prenant le chemin de l'infirmerie. Ne regardant surtout pas en arrière, t'espères juste que l'autre brun t'a suivi. T'oses pas lui crier de bouger, de peur que le surveillant - même s'il réagit pas bien vite - remarque le plan et ferme la porte avant que Madeck ait pu sortir. M'enfin il sait sûrement courir, et bien plus vite que toi. Alors tu l'attends ici.
Mais Ô Grand Malheur, devinez qui arrive. Devinez. C'pas dur. Saloperie. Il s'avéra que M. Nécrochu eut décidé de t'accompagner à l'infirmerie. Rechute, rebond, peut-être retour à la case départ alors que tu croyais à la situation finale. Qui pour vous sauver ? Vos jambes. Alors tu cours vers les toilettes et maintenant, c'est à toi de compter sur le camarade pour dissuader le prof de te suivre. Bah ouais quoi, si ça se trouve t'es allé pisser un coup, la morue a pas à venir vérifier.

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MessageSujet: Re: You try to break the mould before you get too old.   Mer 13 Mar - 21:58

Ses doigts fourchus accrochés au sommet de mon crâne ont beau me condamner à baisser les yeux devant lui, vois que je ricane comme un con. Ce n’est pas que la situation jouisse d’un climat particulièrement cocasse. C’est juste parce que je vois le mec de devant commencer à bouger, à s’exciter sur sa chaise. Je dois t’avouer que j’avais peur que ce type se dégonfle. Qu’il trouve mon idée de crise complètement absurde et immature. Bien entendu elle l’est, je reviens pas là-dessus. Il n’empêche que je pensais pas qu’il me suivrait dans ce délire de petit con. Et surtout qu’il s’y investirait autant. Du coin de l’œil je l’observe se balancer sur sa chaise, tandis que je persiste à ignorer le venin que le croque-mort déverse allègrement sur moi. Crois-moi que rester passif face à ce connard, c’est tout un truc. Des fois, j’me demande même si cet enfoiré ne fait pas exprès de me provoquer. Comme ça, gratuitement. Juste histoire de voir jusqu’où je pourrais déconner. Ca doit bien faire jouir cette crevure de voir que je suis pas assez con pour lever la main sur lui. De voir qu’il garde le dessus sur moi. M’enfin peut-être qu’il s’en branle totalement et que je lui suis totalement indifférent. Je sais pas quelle alternative m’emmerde le plus.

« Une pomme, Madeck, c’est une pomme! Une pomme! P.O.M.M.E ! »

Sans autre préliminaire, le croque-mort relâche brusquement mon crâne pour attraper la petite sphère verte. Si tu savais combien je suis heureux. Cet enfoiré s’excite, se figure avoir un parfait contrôle sur la situation alors qu’au final il est déjà pris au piège, qu’il se fait déjà baiser par deux petits cons avides de liberté. Ses yeux braqués sur mon sourire insolent, il me balance la pomme dans la gueule avec un de ces gestes qui trahissent un profond mépris. Si y’a pas grand-chose qui me m’emmerde réellement, l’arrogance, elle, me fait complètement déconner. Je serre les dents. C’est pas le moment de jouer au con et de risquer une expulsion définitive. Déjà parce que j’ai pas envie de subir les remontrances merdiques de ma génitrice. Ensuite parce qu’il y a ce type devant qui se décarcasse pour nous faire sortir de là sans trop de dommages. Hors de question de tout faire foirer à cause de ma putain de fierté. Faut que je me calme. Faut que j’ignore ce connard, que je pense à autre chose. Que je pense à ma douce amante, ma belle liberté. Que je pense à ma superbe Bretagne. Que je vois ses falaises et ses plages merdiques de galets. Que je me remémore son parfum iodé, son charme et ses putains infidèles. Je respire profondément, les mains résolument crispées autour de mon stylo. L’important c’est qu’elles ne s’égarent pas sur le visage cet imbécile. Un geste mal placé, un seul, et tout foire.

« Cette médiocrité que vous semblez si profondément affectionner, M. Madeck, ne... »

La voix du type brun interrompt le vieux frustré dans sa tentative d’insulte corrosive et intérieurement, je remercie le timing de mon compagnon de fuite : je sais pas si je serais resté stoïque encore longtemps. Feignant l’étonnement, je jette un coup d’œil vers le type brun et observe son cinéma. J’te jure que si j’étais pas au courant, je marcherais à fond dedans. L’hyperventilation, les toussotements, tout y est. Il ne manque que les larmes. J’me demande s’il ira jusque là. Le surveillant aussi, vu la gueule qu’il tire.
Elles ne viennent pas. Et comble de l’ironie, le surveillant ne semble pas s’attendrir pour un sous. Moi qui pensais que sa connerie était absolue, c’est à croire qu’elle n’est que relative. Loin d’être amadoué par la gueule pure du type de devant, il s’avance légèrement vers lui le nez traînant, comme à l’affût d’un quelconque relent de fourberie. Et moi j’uis là, comme un con, à ne rien pouvoir faire. Si j’interviens, ça va paraître suce-paie suspect, mais si je reste passif, y’a des chances pour que le croque-mort s’excite pas et préfère laisser crever ce type plutôt que de courir le risque de se faire couillonner par deux potentiels connards. J’aurais dû me douter que ce serait pas si simple de berner le vieux. Bordel mais quel con.

J’sais pas si le type a senti la suce-picion suspicion du pion mais en tout cas, il se lève, comme pour mieux faire le con. Il joue si bien au crétin que je me mets à douter. Il joue ou il est vraiment entrain de clamser? Finalement convaincu, le croque-mort décide de ne pas attendre la mort du type pour réagir et se précipite vers son bureau. Le mec de devant en profite alors pour me faire signe de le suivre, l’air plutôt amusé. J’te jure, ma connerie me fout le vertige. Sérieux, comme peut-on être aussi con pour se faire prendre à son propre jeu? Ma sœur dirait que c’est parce que j’ai trop d’empathie. Encore une des conneries dont elle a le secret. Tu sais, on trouve généralement la connerie sous une forme diluée. J’peux te dire que je fais parti de ces singuliers et parfaits crétins qui la détiennent à l’état pur. À chacun son originalité.

Le pion s’empresse de déverrouiller la porte tandis que d’un revers de main, je balance dans mon sac toutes les saloperies qui jonchent ma table. Intérieurement, je jubile. Comme prévu, il a marché en plein dans la supercherie et moi, j’ai plus qu’à emballer tranquillement mes affaires pour me barrer de là. J’attends que le type de devant se barre puis j’me lève, l’air candide. Le croque-mort me jette alors un regard hostile et m’ordonne de rester assis. Sans blague. Il croit que je me suis emmerdé à créer un plan pour rester assis là, comme un con? D’un mouvement mesuré, je sors de ma poche mon bon vieux carnet de liaison et me dirige vers le vieux. Crois pas que je suis assez con pour lui foncer dedans ou même le frapper. Je suis certes stupide, mais je ne manque pas pour autant de finesse. L’air doucereux et sans autre forme de préliminaire, je déplie sous ses yeux le règlement de l’école et récite l’article 6 de la section 9 :

« Il est interdit que les membres du personnel de l’école entretiennent une quelconque relation de proximité avec un élève. Pour des soucis déontologiques, l’adulte doit s’assurer de ne jamais se retrouver seul face à un élève, sous peine de poursuite juridique. »

L’air hagard, il balaie à tour de rôle le règlement et mon sourire de petit con. Il est baisé et il le sait. Le pire c’est que tout ça, c’est de sa faute. S’il ne m’avait pas fait recopier six fois ce putain de règlement, jamais je n’aurais su qu’il existait une telle règle. Je n’aurais jamais pu monter ce plan et je serais toujours assis dans cette saloperie de salle. Je suis peut-être con mais j’ai une bonne mémoire. Il me lance un dernier regard, empli de ce que je comprends être de la rage, puis s’éloigne rageusement vers la sortie. Avant qu’il n’en franchisse le seuil, je lui adresse tout de même un ironique petit « A lundi, M’sieur. », puis jette mon sac sur les épaules.
Enfin sorti de cette salle de malheur, je manque de me prendre le pion en pleine gueule. Il se retourne vers moi,un sourire mauvais figé sur le visage. Intrigué par ce brusque retournement de situation, j’observe les environs et aperçois le Type-de-devant, à quelques mètres. Merde, qu’est-ce qu’il fout là?

J'ai l'impression de me casser la gueule. Je sais parfaitement que l’article qui m’a octroyé ma liberté conditionnelle n’est effectif que si je suis seul avec ce putain d’enseignant. Le souci c’est que maintenant, nous sommes de nouveau trois. Le pion est donc dans son droit de m’obliger à retourner en classe. Enfoiré. Il ne reste plus que la fuite, la queue entre les jambes. Fais chier.

Je n’ai pas le temps d'hurler au Type-de-devant de s’enfuir qu’il détale déjà comme un lapin. Je suis alors le mouvement et dépasse le vieux trop occupé à hurler sur le Type-de-devant pour m’arrêter, puis me dirige à mon tour vers les toilettes. Une fois à leur hauteur, je referme la porte derrière moi avec fracas et, sans prendre le temps de m’excuser auprès des quelques nanas offusquées par cette intrusion masculine, je me dirige vers la seule fenêtre de la salle et l’ouvre. Tu sais, le seul avantage avec la salle de retenue de ce putain de pensionnat, c’est qu’elle est au rez-de-chaussée. Tout comme les toilettes. En cas de fuite, tu n’es donc pas condamné à rester à l’intérieur -si j’ose dire-. Le souffle court, je me tourne enfin vers le Type-de-devant et lui dis :

« Le pion arrive, il déconne complètement. Faut se barrer de là, et vite. »

Je jette ensuite un regard vers les demoiselles, franchement outrées par mon comportement puis leur adresse un p’tit « Fräulein. Si vous voulez bien nous excuser. » avant de sauter au travers de la fenêtre.
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MessageSujet: Re: You try to break the mould before you get too old.   Ven 15 Mar - 1:11

Les toilettes des filles, tu les avais jamais visitées tiens. Ça sent le parfum, le maquillage et la propreté. C'est pas vraiment comme l'odeur de macho mélangé à la pisse du côté des mecs. On t'avait plusieurs fois lancé le défi d'y faire une intrusion mais t'as préféré rester passif et éviter des heures de retenue pour ce genre de pari d'ado en manque. C'est vrai qu'ils sont vachement à cheval sur le respect, les bonnes manières et tous ses dérivés, ici. C'est pas comme en Allemagne, et en fait tu t'es toujours pas fait à leurs règles de politesse trop exagérées à ton goût. T'as gardé ce p'tit relent de cynisme qui te quittera sûrement pas de si tôt. Et t'avoues qu'il y a des fois où t'as du mal à le ravaler, quand t'as pas le choix.
Tu te sens un peu con avec ces trois nanas autour. Tu dois bien avoir l'air du mec paumé. Mais t'as bientôt ta liberté, alors finalement, qu'est-ce que tu t'en balances de l'impression que tu peux donner sur le moment. Tu trouves que vous vous en êtes plutôt bien sortis. En fait, c'était vraiment super même si t'as bien cru partir dans les vappes à cause de ton hyperventilation surjouée.
Le coup du règlement t'a bien fait marrer, tu connaissais même pas ce passage. 'fin on va pas dire que t'en connais beaucoup, hein Lewin. C'est un coup à vous faire flipper. Ça a déjà dû arriver pour qu'ils collent un truc comme ça dans vot' charte. Et c'est vrai que tu te serais pas vu rester seul à une table avec pour seul compagnon ce vieux coulant. Berk.

Après cette petite course, tu t'es retrouvé ici, sûrement par flemme de courir jusqu'à l'infirmerie; et aussi parce que Nécrochu commencait à vous suivre, toi et l'autre brun. Sans regarder les caractères illisibles ni le petit dessin significatif sur la porte, tu l'as poussée sans vraiment te soucier des personnes que t'aurais pu trouver derrière. Le pion vous aurait sûrement pas rattrapés, mais il aurait bien su hurler vos noms. C'aurait pas été très discret si par malheur y avait d'autres pions ou profs dans les parages. Vous vous seriez salement fait choper, au moment où la boucle aurait commencé à se boucler. Un peu comme quand on veut contourner une flaque d'eau, mais qu'en le faisant on trempe le pied dans une autre, qui nous arrive au mollet cette fois.

Mais enfin, t'es débarassé de ce putain de surveillant. Du moins, pour aujourd'hui parce que lundi, il se gênera sûrement pas pour te faire remarquer sa présence dans le couloir, le hall ou la cour. N'importe où, en fait. Ach, ça fait froid dans le dos ça. D'un coup, t'as plus envie de trainer dans les cours. M'enfin c'est pas comme si ça t'arrivait souvent d'en avoir envie. Je disais, tu l'as enfin virée de sur ton dos, cette sangsue ridée. Mais ça finira seulement si tu disparais maintenant avec le Madeck. C'est votre dernière contrainte. Mais sauter par la fenêtre n'est sûrement pas redoutable, pour là où ça mène. D'ailleurs, tu sens le p'tit truc dans ton cœur qui te dit que t'as hâte d'y aller. Toutes les innovations qui ont suivi l'entrée dans cette salle de colle auront pas été là pour rien. On essaie de briser ce moule avant que le temps nous rattrape, c'est carrément ça.

« Le pion arrive, il déconne complètement. Faut se barrer de là, et vite. »

C'est exactement ce que t'allais dire. T'es ravi. Le plan a marché, grâce à toi mais surtout grâce à lui. S'il t'avait pas passé ce petit brouillon griffoné, t'aurais sûrement même pas eu le courage de penser à te barrer. T'aurais attendu la fin, en essayant tantôt quelques réponses, tantôt quelques dessins grisés au crayon. Mais maintenant, même plus besoin d'y penser. Tu chasses ces vieilles idées de ton crâne en offrant ta réponse au brun complice. Un simple « Ouaip. » plus une petite œillade, et tu le regardes passer par la fenêtre, au sens propre, mais le meilleur sens du terme qui soit.

« Fräulein. Si vous voulez bien nous excuser. »

Ça te fait sourire. Tu reconnais quelque chose là-dedans. Puis sans tarder, tu balances ton sac par la dite fenêtre, demandes à ces dames de la refermer quand tu seras derrière, et la passes enfin. Les pauvres, cette irruption inexpliquée a eu l'air des les avoir figées. Mais maintenant, t'es au calme, plus personne pour te déranger. Une des rares retenues de l'année, t'as réussi à y échapper et d'une façon plutôt comique. Y a même pas une trentaine de minutes, t'étais affalé sur ton bureau à revâsser au reste, et y a encore dix minutes, tu jouais le dérangé. Maintenant t'es là, tes pieds sont enfin sur la vraie terre au lieu d'eraffler le sol de cette saloperie de salle. Ici ça sent l'air et pas l'encre gâché. Ça t'apprendra à bouffer en classe tiens. Bouffer, ou t'oublier de n'importe quelle autre façon d'ailleurs. Mais là ce fut fatal. Pourtant, ta dernière colle, tu l'avais avalée sans broncher si j'puis dire. C'est seulement parce que ça faisait longtemps et que tu te rappelais plus de leur amertume. Maintenant, tu sauras.

Tu ramasses ton bagage rempli de bouquins trop lourds, et t'éloignes un peu de la vue de la fenêtre, marchant tranquillement le long du bâtiment en jetant un coup d'œil au camarade derrière toi. Qu'est-ce que tu vas dire, maintenant ? C'est un peu délicat. C'est pas comme si c'était seulement avec les filles, que t'étais pas doué. Mais bon. Y a toujours quelque chose à dénicher pour combler le silence. De toutes façons, t'es pas vraiment du genre à utiliser la parole à mauvais escient quand t'es pas sûr de pouvoir le faire. Autrement, tu sais bien dire des conneries plus grosses queee- tout un tas de choses. Alors pas moyen que tu racontes ta vie à ce brun qui est encore inconnu, et que tu te retrouves comme un con sans réponse. C'qui est sûr, c'est que tu risques pas de détruire le silence d'une façon trop violente.

Oh, et puis merde. Faudrait peut-être lui dire bonjour à ce gars-là. Il arrive un moment dans la vie d'un homme, où il faut commencer une discussion, du moins entreprendre quelque chose qui y ressemble.

« Bon, j'crois qu'on est sauvés. Madeck, c'est ça ? Moi c'est Lewin, si tu veux me parler autre part que sur un bout d'papier. »

Bravo.

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MessageSujet: Re: You try to break the mould before you get too old.   Ven 15 Mar - 19:36

Bordel. Y’avait qu’un trou dans les plates-bandes et il a fallu que ce soit moi qui me le prenne. Quelle galère. Et maintenant j’ai les godasses déguelasses et les pieds mouillés pour couronner mon air con. J’te jure. Et malgré tout ça, malgré toute cette merde, j’peux pas m’empêcher de sourire. Rien que pour la crise simulée du type et l’abrutissement complet du pion, ça valait le coup de se prendre une nouvelle semaine de retenue. Je détourne le regard de mes souliers souillés et le plante dans le ciel. Comme je l’avais deviné, il est bleu. Mais pas de n’importe quel bleu. T’sais, y’a toujours des connards qui disent que quand on regarde leurs yeux, on voit la mer ou le ciel. Bah tu vois, ces p’tits cons n’ont rien compris : le bleu de leurs yeux n’est que pisse du ciel. Ils n’ont rien à voir avec le ciel azuré. J’attrape mon paquet de clopes et m’en grille une. J’me demande si le Type-De-Devant voit lui aussi ce ciel si bleu. Si lui aussi sent l’odeur de la liberté. Bordel. Ça y est, je déconne totalement. Faut dire que ça fait une semaine que je suis enfermé dans cette saloperie de salle. Pas étonnant que j’déconne un peu. Je détache mon regard du ciel et le pose sur le Type-De-Devant. En fait, je sais pas trop quoi faire. Habituellement, j’ai pas besoin d’assistance pour monter mes sales coups (si j’ose dire). Et je n’ai jamais eu à remercier un type pour son aide. Sérieux, quel ennui.

Je tire une taffe en m’imaginant plusieurs scénarios. Tous aussi pourris les uns que les autres, y’en a pas un pour rattraper l’autre. Si ma crétine de sœur me voyait, j’te jure qu’elle me casserait la gueule en me traitant d’incompétent. Et je ne la contredirais pas : le relationnel, c’est vraiment pas mon fort. Comme beaucoup de choses, d’ailleurs. J’vais pas te dire « j’aurais du écouter ses conseils » parce que de toutes manières, les conseils de ma frangine sont toujours foireux. A croire que la connerie, c’est de famille. Je reprends une taffe et tente d’analyser la situation mais forcément, comme à chaque fois que je me concentre sur quelque chose, je ne récolte que du vide. Je n’ai jamais compris tous ces gens qui parviennent à gribouiller des bonnes réponses simplement en se disant : « maintenant, j’me concentre ». J’ai beau me répéter cette phrase, y’a jamais rien qui sort. Mon cerveau est mal foutu, j’te le dis. Je prends une nouvelle bouffée et m’éclate à faire un cercle avec la fumée. C’est te dire combien je suis constructif.

J’empoignai la pomme cachée dans ma veste quand la voix du Type-De-Devant interrompit mon geste. Maintenant que j’y pense, c’est la première fois que je l’entends. Ou du moins, que je l’écoute. C’est aussi la première fois que je le vois de face. Enfin. Si tu vois ce que je veux dire. Et comme un con, j’ai préféré mater le ciel plutôt que de détailler le type qui a sauvé ma matinée. J’te jure. Je sors ma pomme et l’essuie sur ma veste.
Lewin ? C’pas courant. Et pas franchement japonais. J’me demande si les Japonais déforment son prénom. Nan parce que quand tu t’appelles Arthur au Japon, tu prends cher. Passant de « Altoul » à « Afoul», y’en a pas un pour prononcer un « r » correctement. Et j’peux te dire que c’est emmerdant. Déjà parce que tu ne relèves jamais quand on s’adresse à toi. Ensuite parce que ton indifférence te vaut un sacré paquet de retenues. Quelle bande de cons. Je relève le regard de ma pomme et croise le sien. Merde, c’est à mon tour. Je dois répondre un truc. Vite, vite, quelque chose d’intelligent à dire...

« Hein ? Ah. Euuuuh... Ok. »

Fiou, je l’ai échappé belle. Un peu plus et je disais un truc intelligent. Mais quel con, j’te jure. Deux superbes onomatopées et le fameux « euh » français, j’aurais pas pu faire mieux. Sans parler du « Ok », franchement péteux. France représente, wesh. Bon, j’dois rattraper le coup. Le souci c’est que je ne sais pas comment m’introduire correctement. Et ça, tu en conviendras, c’est plutôt problématique. Oh et puis merde, on est tous les deux dans les mêmes draps. Si j’ose dire. Au bout d’un moment, faut arrêter de jouer au défroqué et prendre les devants. Enfin, si j’ose dire. Je jette ma pomme dans ma main gauche et tends la droite au jeune homme. J’ai bien conscience que c’est tout aussi cliché que solennel mais que veux-tu, c’est toujours mieux que l’espèce de hochement de tête japonais.

« En fait, c’est Arthur. Madeck, c’est mon nom. Petit blanc gênant. Allez, embraille. Tu vas pas rester la journée à chercher tes mots. Au fait, bien joué le coup de la crise. J’ai jamais vu Murata déconner autant. Vraiment, c’était brillant. »

Comme un con, j’me mets à rire. Je revois la gueule du croque-mort, la comédie burlesque du dénommé Lewin, les tronches des petites nanas dans les toilettes, et ça me fait bien marrer. Sérieux, on a fait les cons à provoquer le vieux comme ça. Mais on aurait encore été plus cons si on avait craché sur une si belle occasion pour se fendre la poire. Mais ça, les vieux, ils comprennent pas. Ils préfèrent choyer leur ennui plutôt que de prendre le risque de s’éclater. Bon ok, j’ai eu une semaine de retenue pour la peine, mais j’uis pas assez con pour croire que le vieux m’aurait laissé partir tranquillement après ma peine. Faut être réaliste. Alors, quitte à être puni autant l’être pour quelque chose qui vaut le coup. Je tire une dernière latte sur ma clope puis écrase mon mégot. Je relève ensuite la tête et, sans doute guidé par un vent de connerie infinie, je propose au dénommé Lewin :

« J’te paie un café pour fêter ça. Euuh. Enfin. Si tu veux. »

Quel final brillant. J’te jure, quel crétin. Un café, proposer un café. Dans le genre tarlouze, tu fais pas mieux. Bien joué Arthur, vraiment... Oh et puis merde, j’m’en branle, si ça se trouve, il refusera. Et ce sera tout aussi bien comme ça. Car crois pas que j’ai proposé ça parce que je voulais faire ami-ami. En fait, j’trouve que l’amitié est un concept bien trop contraignant pour le laisser guider ma vie. Non, si j’ai proposé ça c’est parce que quand tu fais des trucs à deux, si j’ose dire, forcément ça rapproche. Et puis en plus, il est dix heures et demi, l’heure du petit-déj’. Quitte à se foutre de la gueule des passants tout seul à la terrasse d’un café, comme un con, autant le faire à deux.
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MessageSujet: Re: You try to break the mould before you get too old.   Sam 16 Mar - 14:09



« Bon, j'crois qu'on est sauvés. Madeck, c'est ça ? Moi c'est Lewin, si tu veux me parler autre part que sur un bout d'papier. »
« Hein ? Ah. Euuuuh... Ok.
En fait, c’est Arthur. Madeck, c’est mon nom. »
Oh, une pomme. Ça te donne faim. T'as rien avalé ce matin, et puis t'en as vu une tout à l'heure. C'est vrai que deux d'un coup, ça fait beaucoup si j'ose dire. Mais en fait, c'est pas la pomme que t'es censé voir, Ducon. Regarde plutôt la main qu'il te tend. Comme un reflexe, tu la serres, jetant une brève oeillade à cet Arthur. Bah ouais, vous allez pas vous faire la bise hein. En plus on fait pas la bise à un inconnu. Et en plus II, on fait pas le bise aux mecs. C'est comme ça. Ah, comme stéréortype t'as pas mieux. Tu le sais, mais de toutes façons, même aux filles, t'aimes pas leur faire la bise. C'est d'un niais. Enfin, ce n'est que ton avis. Evidemment, tout est relatif.
Ce geste plus son prénom plus le Fräulein qu'il a glissé dans sa phrase tout à l'heure, ça te rassure un peu à vrai dire. Si ce gars était allemand, ça serait parfait pour communiquer. Mais vu son accent, c'est peine perdue. Il a pas vraiment l'air d'être de là-bas même si on pourrait croire d'après quelques fautes. Oh, tu critiques surtout pas son accent. Tu sais b ien que t'es à peu près au même niveau, dans le cas de la prononciation du japonais. Même sans s'attarder sur le tien d'accent, on voit qu'il est pitoyable. D'ailleurs, comme ils font pour te comprendre ici ? Cette question risque de tenir longtemps. M'enfin, son japonais tient la route, tant que tu le comprends, tout va bien. Ce qui est cool, c'est qu'il sait prononcer les r. Et toi aussi. Tu pourra même prononcer son prénom. Arthur. C'est pas comme leurs f et leurs u bizarres d'ici.

« Au fait, bien joué le coup de la crise. J’ai jamais vu Murata déconner autant. Vraiment, c’était brillant. »
« Ah ouais ? Faut dire que j'me suis senti crever, passé un moment. Mais j'te dois la bonne idée que t'as eue, regarde où on en est maintenant. »
Hop, un sourire. Ça te donne un air sympa et amical, c'est peut-être un bon point pour toi.

Ça, c'est dit. Au moins il saura que t'y as mit tout ton cœur. C'était une fausse crise sincère. Qu'il est mignon le Lewin. Ce qu'on peut pas te reprocher, c'est que t'as sorti deux gamins - dont toi - avides de liberté d'un salle trop plate mais qui rendait nerveux. Et ça c'est franchement pas rien. T'as un peu l'impression d'avoir soulevé quelques montagnes, en fait. Seulement ça. Si ça c'est pas un beau gonflement d'ego, on te redemandera c'que c'est. Rien de de jouer le crétin devant le pion, ça t'a éclaté, et tu t'es senti revivre entre ces putain de murs. Enfin, revivre, c'est un bien grand mot. T'étais déjà excité à l'idée de savoir que vous alliez élaborer un plan. Ca te rappelle ta jeunesse, comme dirait un grand-père lambda.

Les hésitations du Madeck t'ont fait sourire doucement. D'un parce que t'étais pas le seul, et de deux parce que c'est comme ça, t'as cette sainte habitude de ricaner des choses quand tu les trouves marrantes, encore plus quand il s'agit du sort d'un autre. Ça va, la logique colle bien. Toi, finalement t'as réussi à en placer une. Ca casse pas trois pattes à un canard mais ça vaut quand même quelques applaudissements. Rho, ça va, c'est pas comme si t'étais autiste non plus. T'as encore la capacité de communiquer. Tu sais encore aller vers le monde extérieur, même si 'faut avouer qu'y a des fois où ça te les brise bien comme il faut. Mais là, c'était surtout pas le cas. T'es même pas peu fier d'avoir engagé la petite conversation qui est en train de se créer. Allez, Lewin, tu devrais faire gaffe à tes chevilles, ça risque de piquer un peu quand elles pèteront.

Bref passons, c'est pas le plus important. On a vu que vous saviez parler.
On s'en est sortis, au final. Ça va prendre des montagnes de sourires encore, le temps que tu t'offres le plaisir de faire tourner cette petite phrase dans ta tête. Et maintenant, il vous manque plus que de vous éloigner d'ici, et vous serez pleinement tranquilles.

Changement de discours. T'as reposé ton vieux sac par terre et tu t'es calé le dos contre le mur, profitant du soleil qui t'effleure de partout. Même l'odeur de la clope de cet Arthur t'as pas gêné alors que t'es d'un naturel nerveux par rapport à ça. Ah, il faut pas l'emmerder le Lewin. Mais bon, pour le coup, c'est dire si t'es bien ici. Faut avouer que sauter d'un piège à cancres au soleil plein de douceur, c'est un changement plutôt soudain, et d'une façon positive. Ta moue de bienheureux doit en dire beaucoup. Quand soudain.

« J’te paie un café pour fêter ça. Euuh. Enfin. Si tu veux. »

Tu caches pas ce petit sourire en coin qui apparait doucement, posant tes yeux sur le camarade. Le deuxième, de sourire. Alors, carrément ? Même si t'es pas fan des cafés, tu peux pas refuser ce genre de trucs. En plus, il peut pas être plus dégueu' que celui de la cafét'. C'est pas tous les jours qu'on te propose de venir te poser à un café, et qu'en plus on te le paie le dit café. Bon, c'est pas comme s'il coûtait un milliard, mais toi tu sais que tu proposerais pas ça à n'importe qui. Parce que toi, Ô Grand Lewin, tu n'as pas que ça à foutre.
Et comme t'en es pas encore arrivé au point de la phobie sociale, tu sais alimenter quelques conversations avec un inconnu. Quoiqu'il est pas si inconnu que ça. Mais s'asseoir à une terrasse pour profiter pleinement du temps en observant les gens qui courent dans les rues alors que vous, vous êtes totalement libres, c'est une idée qui te déplait pas, comme on dit. Casser la routine, c'est tout ce que tu cherches. Et avec un presque-inconnu, c'est encore plus marrant.

« J'dis pas non. »

Ça a le mérite d'être clair.


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Arthur Madeck


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♣ Relations:

MessageSujet: Re: You try to break the mould before you get too old.   Sam 23 Mar - 19:15

J’sais pas vraiment pourquoi je lui ai proposé un café. Habituellement se foutre de la gueule des autres, ça se fait seul. Ou avec sa sœur. Et même avec son frère. En fait, ça dépend de ta chance et de l’amour que tu portes à tes frangins. Dans tous les cas, ce genre de choses cyniques et inutiles, tu le fais avec à peu près tout et n’importe quoi, mais certainement pas avec n’importe qui. Alors pourquoi ai-je demandé à ce type de m’accompagner ? Je suis incapable de te répondre. En même temps, à chacun ses problèmes : est-ce que je demande à Zeus, moi, pourquoi il a couché avec Europe sous sa forme bovine alors qu’il pouvait faire ses petites affaires comme le Dieu des Chrétiens, comme ça, par une simple pénétrée psychique ? Non, je le demande pas car tu vois, à chacun sa merde. Et si eux c’est l’accouplement, moi c’est l’accompagnement. Tu vois, à chacun son truc. Mais je m’égare.

Tiens, je l’ai invité prendre un café mais... Ai-je les bourses pleines (...) ? Je glisse ma main dans mon pantalon (dans la poche, hein) et constate que non, je n’ai pas de liquide. Et merde. Ce n’est pas le fait de ne pas avoir quelques pièces en poche qui m’emmerde. C’est juste que si ce type accepte de venir, je vais devoir payer avec ma carte de crédit. Et quand tu as dix-sept ans et une MasterCard Gold en poche, autant te dire que tu passes pour un putain de fils à papa. C’est pas que je n’en suis pas un : à vrai dire, je profite bien de ce qu'ils mettent sur mon compte. En même temps il faudrait être foutrement con pour ne pas en profiter. Mais tu vois, je déteste quand on crache sur mon âme en essayant de me faire culpabiliser pour ces bouts de papier noyés d’encre que j’ai sans en glander une. C’est comme si les gens oubliaient ces règles essentielles qui ont toujours régies l’humanité : le capitalisme et l’héritage. Les gens comprennent pas que plutôt que d’essayer de nous couper les couilles par des insultes, il faudrait mieux prendre un couteau et changer le système. Mais à chacun ses problèmes. Comme l’a dit un jour le vieux Loïk : « A chacun sa mer. Chacun chez soi et les poissons seront bien gardés ». Loïk était marin. Ceci explique cela.

Mes divagations vagabondes sont su-bite-ment interrompues par la voix du prénommé Lewin. Je ne sais pas si je l’ai bien tendue (mon oreille, hein), car voici ce que j’ai compris : « Je dis trognon ». Et tu vois, ça me paraît louche. Car tu vois, je vois pas un type dans son genre répondre à un illustre inconnu « t’es trop trop gnooooooon » comme une petite pucelle de quinze ans. Ce serait franchement bizarre, si tu veux mon avis. Non, j’ai forcément mal compris ce qu’il m’a dit. Attends, mais cela veut dire que c’est le début de la surdité...? A mon âge? A dix-sept ans? Warte auf, warte auf : comment ça? Serait-ce à cause de ... Ca? Déjà? Non, impossible. Parce que je... Enfin... Tu vois... Je n’ai pas... Bref. Non, j’ai du bien comprendre. Il a vraiment du dire « trognon » pour parler de... Eh mais non... ! Quel con. Trognon, avant d’être la contraction du « trop mignon », c’est avant tout le résidu qu’il reste d’une pomme. Soulagé que ce type ne soit pas une de ces besta’, je ressers la pomme que je tiens dans ma paume et m’avance vers lui. Voilà ce qu’il voulait : une pomme. Quel con, j’te jure. Je dépose ma pomme dans sa main avec un « Tiens. » amical puis lui lance :

« Suis-moi, j’connais un café sympa au centre ville. »

Sans autre prél...ude, je détourne les talons et empreinte l’allée centrale, histoire de rejoindre les rues de la ville de Matsuyama et d’atteindre le Bar de l’Univers. C’est un bar miteux occupé par des femmes aux yeux délavés et des hommes aux fringues débrayés mais la terrasse donne sur la rue principale de la ville où se joue les meilleures pièces de théâtre. De l’amour à la haine, de l’amitié à l’indifférence, tout est joué sans subtilité. Plus que tout dans cette saloperie de ville, c’est ce petit coin de paradis que j’affectionne. Peut-être parce que je suis qu’un pauvre type paumé qui n’apprécie que la compagnie de ses semblables. Mais j’veux pas t’emmerder avec mes problèmes. A chacun sa mer, hein.


[Je m'excuse, j'ai mis trois plombes et c'est très court. La prochaine fois ce sera meilleur, promis o/]
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MessageSujet: Re: You try to break the mould before you get too old.   

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You try to break the mould before you get too old.

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